Sylvie Neve ( psychanalyste)


TROIS BANQUES SUISSES DEVRONT
S'EXPLIQUER



18 novembre 1988

C'est toujours bon à prendre :
M.William Verity enfonce le clou
M Alan Greenspan n'a pas cache
M. William Verity qui n'a pas
caché que M.Ala, Greenspan
n'a pas le clou de M.William
est caustique, l'autre est
du vieux Monde, au pied du cap
Verity enfoncez(la vous
M le président de la Réserve
de l'Absence et de la Réduction du
Déficit, une tendance dont les
nom M.Alan Greenspan n'a pas caché
12,3 milliards de dollars -du mois
d'août. Du moins
toujours pas.
La vie se chargera des nouvelles
données. Lorsque la plus ou
l'épargne, cet alignement se fera par le bas, c'est la consésité et de crise chronique, ma multion, ils pourront être localement faudrait dire l'univers où le
entrain de se consolider ; l'asioatique
et l'européen.
Dans le monde, que les usines pourmentent malgré tout les inquiétudes étemps
plus fiablesque les statiqtiques
givrants dans le Nord, le Nord-est et le
possible.
Momie fausse le jeu normal de
cations.
Dur.
Nnaires de s'absternir
valides et devaient être respectées
brutaux, un banquier
mais écoeuré par le nouveau cours
des choses.
Mais le gros morceau rest les
30 100 personnes, dont plus de 1 000
nerfs de s'abstenir
n'est pas moi qui ai inclus la
Europe.
Et de l'industrie.
Mais le gros morceau reste les
aucun doute n'est
pour bon nombre d'hommes
de ne pas pouvoir se prolonger indéfiniment.
Mais à mesure que
le temps passe, la fiction est
du Vieux monde, au pied du cap
jusqu'à la plage la plus australe
des palais abolis jusqu'à
la plage des palais abolis
de Zanzibar.
Du vieux monde.

C'est toujours bon à prendre :
brumes et des brouillards, les passages
toujours des averses. Elles atténueront
le dernier obstacle important à
l'OPA de Pernod-Ricard sur Irish
c'est -sopa- assurent les experts un peu
Distillers (qui détient le monopole
dans l'état actuel des envelopes
en raison des incertitudes pesant
sur l'acheminement du courrier
les huit principaux membres
et l'œil, hourra ! qui vous regarde
d'ailleurs d'un oeil plus que soupçonneux.

Pourtant oui, j'ai bu du beaau
jolais nouveau, était-il beau
et bon, il n'avait pas ce goût
de framboise et de banane, paraît-il
qu'il avait l'année dernière, il paraît-il
que le temps passe, et avec quel
localement des gelées vers

Mais le gros morceau rests les
chances de devenir
souvenirs encore présents à toutes
les mémoires : "... la balance
ment ", a déclaré M.Greenspan
vant le ministre du commerce
che pour le commerce M.Clayton
niment. Mais à mesure que le
temps passe, la fiction est
depuis longtemps en Asie
devait s étendre un jour au Mexi-
sont venus s'installer au Canada :
que les Japonais etles Coréens
Honda à Alliston, au Nord de
22 h 20 Magazine : comment vous évanouir de
22 h 40 Confidences : la vie est un songe
son manteau ne la protège
pas du froid.
A des hauts et des bas, sa chaleur peut faire fondre. N'empêche
tout de même pas d'avoir des
visions. Trou dans la tête, fon
taone est tout près de ses eaux,
neige à partir de 800 mètres
avec localement des gelées vers
5h le dessous du ciel, 5 h 20 musique : boule-
bocal - peut servir à la fabrication de
le matin, les brouillards
avec localement des gelées vers
hier, au Pakistan
on se dit quand même que Bena
zir, avec sa longue silhouette
elle est Benazir Bhutto, et cela
de son pays avec l'Inde d'Indira
que à la radio indienne qu'elle
Mme Bhutto semble en mesure de
former une coalition majoritaire et de de-
fourchette haute, à savoir
mais le gros morceau reste les
reins de l'industrie (quasiment
messes à Pernod-Ricard, excepté
l'organisme de la City de Londres
ches sur le thème "Mon corps n'est
le réveil de Siemens : le géant alle
mand est handicapé par sa taille
mande donc à chaque membre de
près de la grande ville, Suzuki, allié
Toronto, Toyota à Cambridge, tout
tréal, à quelques kilomètres de Ver-
l'ouest. Général Motors, quand à elle
quel que soit le moment. La
on n'en a jamais fini avec la
grande série qui probablement
romande, trois suisses sur quatre
estiment que Mme Kopp n'a pas à
hourra ! Confidences : la vie est un
bocal. Peut servir à la fabrication de*tabliers ! Trous dans la tête
que les Japonnais et les Coréens
un peu plus au nord. Voilà pour les
localement des gelées vers
mais le gros morceau reste
de ne pouvoir se prolonger indéfi
niment.
Mais le gros reste
pas dans l'encrier !

Et reste
le gros mot
que le temps passe, et avec quels
localement des jolis vers

Mais reste
le gros mot

PHOLITIQUES :

CINQ QUESTIONS A SYLVIE NEVE

 

 

  1. PHOLITIQUES : l'extrait de De Partout que PHOLITIQUES publie (trois banques suisses devront s'expliquer p 121/126), pourrait laisser penser ceci : nous sommes abreuvés d'informations de toutes parts. C'est la trame du discours politique "mondial" qui nous tisse quotidiennement. Une trame pleine de trous, qui fonctionnent comme un bruit de fond, une sorte de babelisme qui surgit quand les frontières deviennent floues. Est-ce que vous accepteriez que De Partout soit lu comme l'écriture du discours politique actuel, plein de vide, un vide saturé par simple contiguïté de propos décousus?

    -Sylvie NEVE : il y a neuf ans, lorsque j'entreprends De Partout, je me souviens de Jacques le fataliste et son maître, je le relis. En cours d'année, Kodak de Cendrars, est une rencontre évidente. Mais il y a surtout un a priori, une phrase, que Stendhal attribue d'abord à un autre, puis qu'il reprend à son propre compte, je la transpose alors au poème, et je l'entends ainsi : point trop de mimésis, le réel démasqué - et méfiance avec la chose autobiographique. Ce qui devient : le poème de partout, c'est un enregistreur qu'on promène le long d'un chemin de fer, conversation de comptoir... et quelques onomatopées de ma vie.

    Tout effet de vers était par noir prélevé, ajusté, rythmé, brinquebalé, susurré avec injection, ici ou là, de "bris(be) de Nève".

    Le grand bruit du monde, le grand bruit de fond, détourné, ramené à un volume humain, rendu plus audible, la page, le vers, lisible, risible du même coup.

    C'est donc aussi une tentative politique, le temps du poème, de refuser le grand bruit de fond, le babelisme creux, la fatalité molle. Et il me semble que, le temps du poème de partout, le discours politique actuel n'est plus un vide saturé par simple contiguïté de propos décousus, mais un vide suturé de propos cousus, et qui coupent !

    2) PHOLITIQUES : Pourtant la lecture de De Partout fait aussi entendre quelque chose de spécial. Accepteriez-vous par exemple aussi que De Partout soit précédé de jouir ?

    - Sylvie NEVE : Vous dites que De Partout fait aussi entendre quelque chose de spécial : jouir. Jouir? A l'époque, j'appelais ça, ce qu'on entend entre le poème politique et /ou le poème comique, ma lyrique. Le bruit du monde s'en trouvait entrecoupé de mon souffle, lyrique -ou pas-. En 1988, certes, je n'appelais pas comme ça ma lyrique : jouir.
    En tous cas, il y avait certes de ma part une franche jouissance à glaner le vers le long des routes de France, sans indulgence, et à mêler mes démêlés existentiels, sans vergogne.

    3) PHOLITIQUES : jouir de partout : c'est une définition du polymorphisme ("le pervers polymorphe", ainsi que Freud parle de l'enfant). Accepteriez-vous de dire que c'est de cela qu'il s'agit dans la traversée -ou le passage- des frontières ? Dans le passe-partout?

    - Sylvie NEVE : E pervers a glissé entre E, et le temps n'a pas de jambes, même si... Ne serait-ce pas plutôt de pas-tout ? "Nous traversâmes la France comme des apparences, comme un miroir", commente la voix off de Ferdinand, dans Pierrot le Fou. Ce film de Godard ne résonnerait-il pas plus juste avec votre proposition ? De Partout est plus que sous-titré : Un an d'une vie. J'y tiens : j'y tiens un journal. Le Monde, souvent mon journal aussi. Mon journal ?

    4) PHOLITIQUES : Vous êtes aujourd'hui psychanalyste. Est-ce que vous accepteriez de dire que lire De Partout (ou lire de partout), c'est être excédé de toute maîtrise et, en un sens (si l'on peut dire) devenir hystérique, là où "reste le gros mot" (p126) ?

    - Sylvie NEVE : Aujourd'hui.... A l'époque, je lançais mes injures pour écrivaine sur les scènes de France et des poètes sonores. Je pense à la Joconde de Marcel DUCHAMP : L.H.O.O.Q. Accepteriez-vous de dire de cette joconde -là qu'elle est excédée de toute maîtrise, et en un sens (si l'on peut dire) devenue hystérique, là où "reste le gros mot"?

    - PHOLITIQUES : oui, peut-être, je ne sais pas.

    5) PHOLITIQUES : Page 126, vous écrivez ceci : "De partout, l'échappée / magnétisme. Ses yeux noirs très/pauvres Closette : aie-nous à l'œil ! / cette millième et quelque nuit qui / annonce l'instant. Un instant que nul / lents dockers paraissent assagis du monde : choses se compliquent. Passons."
    Passer ou s'échapper : de ces deux mots, lequel vous paraît le plus gros ?

    - Sylvie NEVE : je ne sais pas !